C'est le passé et le présent qui se mélangent pour former la passionnante histoire culturelle de notre antique cité, tournée irrémédiablement vers l'avenir…
Ces "billets", pour amoureux d'Anduze, n'en sont que quelques modestes reflets.

20 décembre 2017

Projet de classement du site de la Grande Pallière…

C’est à ma demande que le GARA (Groupe Alésien de Recherche Archéologique) a constitué une synthèse des informations concernant notre site néolithique exceptionnel de la Grande Pallière. Une fois les divers éléments rassemblés, la commission Culture de la municipalité s’est chargée de la mise en page et de la présentation graphique, en interne. La réalisation de ce document de soixante huit pages, destinée aux différentes autorités compétentes susceptibles de nous soutenir dans notre projet, était la base indispensable à notre demande de classement.
Le groupe de recherche, conduit par sa présidente Elisabeth Hébérard, c’est toute une équipe de bénévoles passionnés mais aussi chevronnés qui s’investit à longueur d’année sur différents chantiers archéologiques. Ceux-ci, petits ou grands, ont forgé depuis longtemps la réputation de cette association. Le fait que les archéologues et autres professionnels n’hésitent pas à l'appeler en renfort, ponctuellement, démontre bien la reconnaissance d’un savoir-faire apprécié.
 
A Anduze, si divers chercheurs de renom, comme Félix Mazauric, se sont succédé et ont écrit depuis le dix-neuvième siècle sur cette crête atypique et ses abords, il n’en demeure pas moins que l’essentiel de son étude est mené depuis les années 1980 jusqu’à aujourd’hui par le GARA.
Fouilles, restaurations, relevés, entretiens furent entrepris, souvent dans des conditions difficiles, mais toujours avec cette ferme intention de préserver le site contre l'abandon et l'oubli. Je n'ose imaginer dans quel état serait celui-ci aujourd'hui sans leur vigilance et leurs diverses interventions durant toutes ces années.
 
Si cela fait longtemps que le classement du site est l’un des souhaits du Groupe Alésien de Recherche Archéologique et notamment du regretté Jean Salles qui en fut l’initiateur, c’est devenu aussi un objectif patrimonial majeur pour l’actuelle municipalité d’Anduze. Les travaux de rénovation de ces dernières années sur les différents monuments de la ville, ainsi que du château de Tornac, témoignent de tout l’intérêt qu’elle porte à son patrimoine.

Située au cœur des nouveaux enjeux croisés des agrandissements du territoire du Parc National des Cévennes et celui d’Alès Agglomération, la Porte des Cévennes conforterait, avec la réalisation de ce projet, son image de bassin historique, culturel et touristique. Ceci pour le bénéfice et le rayonnement de toute la Communauté de communes, mais aussi sans aucun doute plus largement du Département et de la Région…

10 décembre 2017

Cambriolage à l’enclos du couvent des religieuses du Verbe Incarné…

Le deux août 1806 c’est le nommé Pierre Bastide, fabricant de bas, qui vient déposer plainte auprès du juge de paix Coulomb aîné pour un cambriolage à « l’enclos du ci devant Couvent des Religieuses »…
Il ne fait aucun doute ici qu’il s’agit de l’évocation du couvent du Verbe Incarné, ordre monastique féminin de droit pontifical venu s’installer à Anduze à la toute fin du dix septième siècle. Une implantation encouragée à l’époque par l’intendant du Languedoc Bâville : de nombreuses jeunes filles protestantes ou soupçonnées de l’être y furent enfermées de force, aux frais obligatoires de leurs parents, pour les convertir à travers l’éducation prodiguée par les sœurs.

A la Révolution, avec l’interdiction de tous les ordres religieux, les différents biens du couvent, devenus nationaux, furent vendus par lot aux citoyens capables d’acheter. Nous savons que l’immobilier était assez important et situé dans les quartiers de la rue Grefeuille et de la rue du Couvent, petite ruelle étroite qui débouche à l’entrée du passage couvert, lui-même donnant accès à l’une des vieilles portes de la cité. L’enclos du grand jardin appartenant à l’institution religieuse devait se trouver au niveau de la maternelle actuelle et de la rue Enclos-Blaise, construites ultérieurement.

Voici la déclaration, telle que :
« (…) Est comparu sieur Pierre Bastide fabriqt de bas habitant de cette ville d’Anduze. Lequel nous a requis de rédiger la plainte qu’il vient nous rendre des faits ci-après détaillés a quoi nous avons procédé d’après les déclarations du dit Bastide qui a dit, que dans le courant de la nuit dernière, des malintentionnés ont enfoncé la porte d’entrée de son jardin situé a l’enclos du ci devant Couvent des Religieuses. Sont entrés dans le dit jardin, ont encore enfoncé une autre porte d’un petit mas, ou il tient les agrès de sa filature, lui ont commis des dégâts considérables tant dans le dit jardin que dans le petit mas, et comme il ne connait point les auteurs de ce délit, il vient nous en porter la plainte, afin que s’il peut en tems et lieu les découvrir, les poursuivre conformément à la loi, nous invitant à nous transporter sur les lieux pour en constater les dégâts, et du tout nous demander acte et à signé. »
« (…) Du dit jour heure de dix du matin, nous juge de paix susdit en vertu de notre ordonnance ci dessus, nous sommes transporté accompagné du sieur Pierre Bastide et de notre greffier sur le jardin du dit Bastide, ou étant arrivé nous avons reconnu qu’on avait forcé avec des outils, la porte d’entrée du dit jardin et presque arraché la serrure, plus on a crevé quatre bassins en cuivre, et ont brisé un en parti, les dits bassins servant pour la filature, plus une flotte chique
(soie de petit cocon mou enroulée sur un écheveau) qui était sur le tour, qu’on a coupée, plus, on a enfoncé la porte et arraché la serrure d’un petit mas, et enfin ils ont emporté deux sachettes en toille et un juste de cadis (un morceau de tissu en laine), appartenant à une des fileuses, tous lesquels desgats et vol, estimons se porter en tout a la somme de trente trois francs cinquante centimes, et n’y ayant plus rien estimé, nous avons clôturé notre verbal, et nous sommes signé avec le sieur Bastide et notre greffier. »