C'est le passé et le présent qui se mélangent pour former la passionnante histoire culturelle de notre antique cité, tournée irrémédiablement vers l'avenir…
Ces "billets", pour amoureux d'Anduze, n'en sont que quelques modestes reflets.

27 octobre 2017

« Cirque en marche » pour la première fois à Anduze !…

Diversité (vaste programme !) étant le mot clé depuis des années de la politique culturelle de la municipalité, il manquait encore à notre actif, parmi d’autres à venir, l’invitation de la structure institutionnelle représentative des arts du cirque sur notre territoire communautaire, la Verrerie d’Alès. Ce centre de production, à la solide réputation, a pour mission l’accompagnement et le soutien d’artistes et de compagnies d’intérêt national évoluant dans l’univers du cirque innovant et contemporain sur le territoire régional.

A l’instar du Cratère Théâtre, avec lequel par ailleurs ce Pôle National Cirque entretient d’excellentes relations, la Verrerie cherche à développer une décentralisation locale. Bénéficiant déjà d’un bon partenariat avec la scène nationale d’Alès depuis quelques années, il était donc naturel et complémentaire dans le domaine des arts vivants qu’Anduze la rejoigne aussi pour une collaboration que nous espérons bénéfique pour tous. Notre première participation se tiendra début novembre avec leur douzième manifestation saisonnière « Cirque en marche », organisée pendant une dizaine de jours sur Alès et quelques villes environnantes.

A cette occasion nous recevrons avec grand plaisir et deux jours consécutifs, sous un chapiteau installé derrière l’ancienne maison de convalescence Les Jardins, la compagnie Quotidienne avec une de leurs dernières créations : « Vol d’usage ». Nous allons avoir la chance de faire la connaissance de Jean Charmillot et Jérôme Galan, sortis tout droit du Centre National des Arts du Cirque, qui se sont associés pour ce spectacle de cinquante minutes, tout public, mêlant vélo acrobatique et sangles aériennes.

Il ne nous reste plus qu’à espérer qu’aucun épisode cévenol sérieux ne viendra mettre en colère le gardon dont nous connaissons tous les possibles mouvements d’humeur à cette période de l’année !…

13 octobre 2017

Anduze et sa « place dite des fainéans »…

Avec ce document original, de la période napoléonienne rayonnante, nous abordons ce qui semble être du racisme économique. Déposée par l’un des représentants de l’une des plus anciennes familles d’Anduze, les Régis,  notamment « faiseurs de bas », cette plainte évoque un lieu de la cité qui a beaucoup changé depuis, pour ne pas dire disparu avec son nom : la place des Fainéants. Celle-ci était située dans le quartier actuel de la place Albert Cabrières (maire d’Anduze de 1947 à 1959), sans en connaître exactement les contours du fait de la transformation radicale de l’endroit.
 
A l’époque l’espace, devenu progressivement le lieu de rendez-vous des chômeurs, avait fini par être baptisé ainsi au regard du désœuvrement affiché des nombreuses personnes attendant l’hypothétique proposition d’un emploi ; ce qui explique peut-être en grande partie l’état d’esprit particulier de certains intervenants décrit dans le procès-verbal, l’origine étrangère de la victime étant clairement soulignée dans ce témoignage officiel…
Recopié tel que, en voici le texte :

« Cejourd’hui douzième janvier mille huit cent huit a dix heures du matin devant nous Jean Coulomb aîné juge de paix officier de police judiciaire de la ville et canton d’anduse et dans notre cabinet assisté de Jacques Gache notre greffier.
« Est comparu sieur Jacques Régis négociant habitant de cette ville d’anduse lequel nous a requis de rédiger la plainte qu’il vient nous rendre des faits cy après détaillés à quoi nous avons procédé d’après les déclarations du dit Régis qui a dit que le dimanche dix du courant sur les six heures du soir le nommé andré yeuzet polonais de naissance son valet duquel il prend le fait et cause fut arrêté sur la place dite des fainéans par les frères Bony agriculteurs, et autres l’insultèrent et le menassèrent de la manière la plus forte, et comme la femme et la fille de Bastide Carnoulès entendirent les menasses et virent le danger que courrait le dit André, elles le firent retirer chez le dit sieur Régis son maître, ce qu’il fit mais en s’en allant les dits Bony frères lui dirent tu fais bien de t’en aller car tu seras fort heureux de te coucher sans être bâtonné ; lorsqu’il fut l’heure de se retirer le dit André prit son chemin pour aller se coucher à la fabrique du dit Régis qui est de l’autre côté du pont ; à peine fut il rentré que le nommé Beaux fils, es ouvrier du dit Régis vint frapper la porte en demandant du feu pour allumer sa pipe, accompagné de plusieurs autres qu’il ne connut pas, et ayant ouvert le dit Beaux lui demanda s’il était seul, à quoi le dit André lui répondit que non, que les frères Louis et Auguste Régis étaient couchés, quoique cela fut faux, mais ayant connu leurs mauvaises intentions à son égard, il se servit de cet stratagême pour leur en imposer ;  effectivement le dit Beaux sur le champ se retira et fut trouver les autres individus qui étaient arrêtés à peu de distance de la maison.
« En conséquence il est venu porter sa plainte pour la conservation de ses droits, et s’il peut parvenir à découvrir des témoins poursuivre les individus cy dessus dénommés, tous lesquels faits le dit Régis affirme vrais et sincères mais ne peut désigner de témoins quand à présent, et du tout requiert acte et a signé. »