C'est le passé et le présent qui se mélangent pour former la passionnante histoire culturelle de notre antique cité, tournée irrémédiablement vers l'avenir…
Ces "billets", pour amoureux d'Anduze, n'en sont que quelques modestes reflets.

27 avril 2017

Anduze va recevoir une vingtaine d’auteurs dramatiques !…


L’offre culturelle de la municipalité d’Anduze laisse depuis longtemps une place importante au domaine théâtral dans toute sa diversité. Aussi, quand les Anduziens Louise et Michel Caron sont venus nous solliciter pour une collaboration à cette manifestation littéraire inédite qu'ils organisent en leurs noms propres autour d’une vingtaine d’auteurs dramatiques de théâtre, se déplaçant jusqu’à la Porte des Cévennes, nous ne pouvions qu’accepter avec enthousiasme !

Ces professionnels de l’écriture, tous membres des EAT (Ecrivains Associés du Théâtre) et venant d’horizons différents, vont participer le 13 mai prochain à un « atelier d’écriture nomade » dans le cadre enchanteur de la Bambouseraie. Dans ce lieu propice à la créativité, ils rompront avec la solitude de l’écriture pour échanger des expériences et des méthodes de travail sur un thème donné, dévoilé au dernier moment.

Ensuite, en fin d’après-midi, ils donneront rendez-vous au public à partir de 17h30 dans un autre lieu magique, le parc des Cordeliers, pour livrer le résultat de cet exercice, avec pour chacun la lecture d’un extrait de leur production. Cette restitution permettra de découvrir les divers processus de création qui président à la construction spécifique d’une œuvre théâtrale et d’engager une discussion. Alors bien sûr cet événement est destiné à tous ceux « qui portent un intérêt au théâtre, aux compagnies théâtrales, comédiens, metteurs en scène, organisateurs de spectacles, directeurs de structures d’accueil, centres dramatiques, élèves des classes théâtre de la région, et naturellement tous les amoureux de la langue et du spectacle vivant sans restriction ».
 
Mais, plus largement, c’est une occasion rare de rencontrer en un même lieu tous ces auteurs contemporains, détenteurs de solides références mais paradoxalement souvent peu connus du grand public, et ainsi dans une ambiance conviviale de mieux appréhender cette profession particulière et essentielle à la création théâtrale. Voici quelques mots de Louise, repris de l’article du journal d’Alès Agglo, qui résument parfaitement bien l’état d’esprit de cet événement : « Recevoir ces auteurs est une suite logique à l’accueil de spectacles de théâtre. Que serait le théâtre sans Molière, Feydeau ? Faut-il pour autant oublier les vivants qui témoignent de l’époque ? Leurs pièces résonnent du bruit du monde, parlent de nos espoirs et de nos désespoirs. Ils nous font rire, pleurer, rêver. Rien de ce qui est humain ne leur est étranger. »

Quelle soirée brillante en perspective !…

15 avril 2017

Sabre au clair !…

Ce vingt neuf septembre 1806, cela faisait quatre jours que Napoléon 1er avait quitté vers quatre heures du matin le château de Saint-Cloud pour rejoindre sa Grande Armée stationnée en Allemagne. Une nouvelle guerre s’annonçait au galop avec cette fois, parmi les pays de la coalition contre lui, la puissante Prusse. Son roi, s’adressant à son allié Russe début septembre, se déclara être prêt à attaquer « le perturbateur du repos de l’univers ».
Mais après moins de quarante jours de batailles, d’odeurs de sang et de poudre à canon, de sabres au clair et de poursuites, les Prussiens subirent la plus grande défaite militaire de leur histoire avec la destruction totale de leur armée. L’heure du grand « perturbateur » n’était pas encore venue…

Ce jour là donc, le juge de paix d’Anduze et son canton apprit qu’un certain Simon Fontibus avait décidé lui aussi de faire sa guerre, sabre au clair, mais… à sa femme ! Eh oui, que voulez-vous, à chacun son ambition et son destin… 

« Cejourd’hui vingt neuf septembre mille huit cent six a cinq heures de relevée devant nous Jean Coulomb aîné juge de paix officier de police judiciaire de la ville et canton d’anduse et dans notre cabinet au dit anduse assisté de Jacques Gache notre greffier.
« Est comparue Jeanne Almeras épouse du sieur Soujol tailleur d’habits, habitante de cette ville d’anduse, laquelle nous a requis de rédiger la plainte qu’elle vient nous rendre des faits ci après détaillés à quoi nous avons procédé d’après les déclarations de la dite Soujol qui a dit que samedi dernier le nommé Simon Fontibus, commis à l’octroi, habitant de cette dite ville vint dans sa maison environ les sept heures du soir sous prétexte d’acheter du tabac, pour voir si sa femme avec qui il est brouillé depuis quelque tems y était. On lui répondit qu’elle était couchée, sur cela il tint les propos les plus scandaleux les plus outrageans contre la dite femme. Et après avoir resté quelque tems il s’en fut, mais le jour d’hier, il vint encore pour acheter du tabac environ les huit heures du soir, fit encore du train au sujet de sa femme. Et cependant étant sorti, on crû que cela serait fini qu’il ne reviendrait, point du il revint demie heure après. Entra, et s’adressant au mari de la plaignante lui dit vous m’avez trahi. La plaignante et son mari le voyant comme furieux et armé d’un long sabre, s’effrayèrent et lui répondirent qu’il demanda à tout le monde s’ils l’avaient et même s’ils étaient capables de le faire. Alors le dit Fontibus sacrant menassant dit qu’il voulait avec son sabre couper les bras et les jambes à sa femme, que personne n’était dans le cas de l’en empêcher, qu’il se foutait de la justice, qu’il était maître et que si on lui fermait la porte il la briserait. Et après avoir dit une infinité d’injures il sortit à la rue et promena jusque a dix heures et demie au devant de la porte avec son sabre sous le bras. C’est pour cela que la plaignante est venue porter sa plainte, afin que si le dit Fontibus effectuait ses menaces il fut puni conformément aux loix. Sous lesquels faits elle affirme vrais et sincères et désigne pour témoins diceux les sieurs Alien père Seite dit Caporal et Michel Fraissinet cordonnier et du tout requiert acte. Requise de signer a dit ne pouvoir le faire a cause de sa vue. »

1 avril 2017

Anduze et sa tour de l'Horloge rénovée…

Photo Ronan Pierredon
Photo Gaussent




































Hier nous nous sommes rassemblés pour inaugurer la rénovation interne de l’un des monuments les plus emblématiques de la ville d’Anduze, témoin privilégié de notre histoire locale du Moyen-âge à nos jours. Une histoire plus ou moins mouvementée selon les époques qui lui a laissé de nombreuses cicatrices dans la pierre, qu’elles soient en façade ou au cœur de ses entrailles. Certaines d’entre elles demeurent d’ailleurs encore mystérieuses à ce jour, laissant perplexes archéologues et autres chercheurs chevronnés. 

Il faut dire que cette tour médiévale du quatorzième siècle a subi de nombreux remaniements au cours de sa longue existence, les plus spectaculaires d’entre eux étant sans conteste ceux des seizième et dix-septième siècle, liés à l’arrivée de l’horloge mais aussi aux guerres de religion. Toutes ces transformations, commencées d’ailleurs dès le Moyen-âge avec une construction de l’édifice en plusieurs étapes, ont fini, en se chevauchant, par masquer plus ou moins les marqueurs architecturaux qui permettraient une datation plus précise des différentes modifications. Mais ce sont sans aucun doute ces belles rides qui font aussi le charme de notre vieille dame ; sans compter son statut de survivante au démantèlement des fortifications, ordonné par Richelieu au lendemain de la signature de la Paix d’Alais en 1629. Elle fut épargnée grâce à sa fonction d’horloge de ville. Celle-ci rythme la vie de la cité depuis le milieu du XVI ème siècle et si aujourd’hui nous bénéficions d’un mouvement électrique pour une plus grande fiabilité, les Anduziens entendent toujours le son de la même cloche depuis plus de trois cents ans…

Entre l’appel d’offre de sélection d’un architecte et la fin des travaux, cinq années furent nécessaires. Quand monsieur le maire d’Anduze et moi-même sommes allés défendre notre projet à la direction régionale des affaires culturelles de Montpellier, nous avons tout de suite bénéficié d’une écoute attentive et favorable. Aussi nous n’oublions pas de remercier aujourd’hui le conservateur régional des monuments historiques de l’époque, Delphine Christophe, ainsi que son collaborateur chargé de notre dossier, Jean-Marie Baroy. A la subvention de la DRAC, il faut ajouter avec nos remerciements celles de la Région et du Département qui nous permirent de boucler notre budget global de 240 000 € dont un autofinancement pour la municipalité de 145 000 €.

Prévue pour six mois, il a finalement fallu plus d’un an pour effectuer la rénovation interne de la tour de l’Horloge. Pour ces travaux d’exception, cinq corps de métiers furent à l’ouvrage sous la maîtrise d’œuvre des architectes du patrimoine Frédéric Fiore et sa collaboratrice Maryline Gobin. La municipalité les remercie vivement d’avoir conduit ce projet avec toute la compétence nécessaire, accompagnée d’une grande pugnacité pour arriver à résoudre les différents problèmes rencontrés pendant les travaux, quelques fois épineux, et inhérents à ce genre de chantier où dominent les contraintes patrimoniales.
Maçons, ferronniers, menuisiers, électriciens et horlogers furent présents au chevet de notre gardienne du temps pour exprimer leurs savoir-faire professionnel dont nous pouvons voir le magnifique résultat aujourd’hui.
Un grand merci donc à l’entreprise de maçonnerie SELE de Nîmes, la ferronnerie ROMANO de Combas, l’entreprise SOREA d’Anduze pour l’électricité et l’éclairage, BODET Campanaire de Bruguière (Hérault) pour tout ce qui touche à l’horlogerie et au paratonnerre, et enfin l’entreprise BLACHERE et fils de Bagard pour la menuiserie.

Du rez-de-chaussée à la terrasse sommitale, notre Monument Historique (inscrit en 1978) possède cinq niveaux avec autant de configurations différentes. C’est ce qui a compliqué la mise en place sécurisée des escaliers en fer forgé, du plus bel effet sur les vieilles pierres et dont chacun fut conçu sur mesure en fonction de l’espace disponible.
L’accès le plus délicat à mettre au point a été sans aucun doute le passage du troisième étage à la terrasse, celle-ci n’étant desservie que par un « trou d’homme » circulaire, d’origine et de seulement un mètre de diamètre, traversant la partie centrale de l’épais plafond en coupole. La solution d’un petit escalier hélicoïdal permet maintenant d’accéder, pour quelques personnes à la fois en toute sécurité, aux créneaux de la tour. Une estrade installée sur le pourtour offre une vue inédite sur la ville d’Anduze et ses environs à 360 degrés : un véritable paradis pour les photographes et autres cinéastes amateurs de magnifiques paysages !
Si une partie des aménagements intérieurs sera consacrée à la mémoire anduzienne dans tous les domaines qui ont contribué au cours des siècles à construire une forte identité qui fait aussi sa notoriété, une place importante sera aussi dédiée ponctuellement à la création artisanale locale contemporaine.

C’est pour cette raison que nous avions choisi symboliquement la date du vendredi 31 mars 2017, démarrage de la onzième édition des Journées Européennes des Métiers d’Art. Cette année, le thème est « savoir-faire du lien » et c’est bien cela la préoccupation première de la politique culturelle de la municipalité. Car si nous sommes très attachés et attentifs à notre patrimoine ancien et à notre histoire, nous n’en travaillons pas moins au présent à essayer de susciter des rencontres diversifiées et enrichissantes pour tous à travers manifestations et autres expositions.
Nous remercions donc vivement les trois créateurs locaux d’avoir accepté notre invitation à venir investir les lieux atypiques du monument pendant quelques jours pour nous présenter quelques unes de leurs meilleures œuvres jusqu’au dimanche 2 avril.
Il s’agit de Marie Farenc avec ses créations aériennes en fil de fer, Tom Jung, tourneur et sculpteur sur bois, et Jean Luc Gonzalez, notre relieur d’art.

Grâce à sa restauration et aux espaces inédits désormais accessibles au public, la tour de l’Horloge optimise sa destination patrimoniale et culturelle pour devenir un véritable monument vivant. A l’heure des nouveaux enjeux de l’agglomération d’Alès avec l’agrandissement significatif de son territoire, la Porte des Cévennes conforte, avec la réalisation de ce projet, son image de cité historique, culturelle et touristique pour le bénéfice et le rayonnement de toute la communauté…