C'est le passé et le présent qui se mélangent pour former la passionnante histoire culturelle de notre antique cité, tournée irrémédiablement vers l'avenir…
Ces "billets", pour amoureux d'Anduze, n'en sont que quelques modestes reflets.

28 juillet 2015

Alain Rouquette, Anduze et la Révolution…

Ayant eu dernièrement le plaisir d'échanger avec Alain Rouquette sur quelques sujets touchant à notre histoire locale, il me paraît intéressant et justifié de faire connaître ou de rappeler ici l'importance du travail de cette personnalité anduzienne.

Né au quartier de l'Arbousset il y a cette année quatre vingt six ans, ce retraité de l'Enseignement public professa l'histoire et la géographie, spécialités qui motivèrent ses travaux sur Anduze.
Membre du Club Cévenol, il écrira l'un des résumés les plus complets sur l'histoire de notre cité dans la revue "Causses et Cévennes" numéro trois de 1972, consacrée à notre ville. A cette date le rédacteur en chef de la publication était André-Georges Fabre, autre Anduzien de renom qui a laissé une belle trace lumineuse contribuant à notre rayonnement culturel local et auquel j'ai consacré un billet il y a quelques temps déjà.

Mais une période bien particulière fut le centre d'intérêt d'Alain Rouquette au cœur de notre histoire : la Révolution. C'est à l'occasion de la commémoration du Bicentenaire de la Révolution française et de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen en 1989, que fut édité chez Lacour, sous la plume de notre historien et avec le soutien du Conseil Général d'alors, un recueil sur " Les cahiers de doléances du Thiers Etat de la sénéchaussée de Nîmes pour les Etats Généraux de 1789 ". Cet important ouvrage à haute valeur documentaire rassemble l'essentiel des souhaits de réformes du Tiers Etat (bourgeoisie, villageois, paysans) des diocèses de Nîmes, Alais et Uzès, contre les différents privilèges de la Noblesse et du Clergé. Pour cette seule sénéchaussée trois cents cahiers furent rédigés, dont celui d'Anduze. Nous savons tous comment finirent ces Etats Généraux de Versailles : la Révolution était en marche…

Parallèlement à l'élaboration de ce livre décrivant une situation pré-révolutionnaire d'une grande partie de notre Gard actuel, département qui n'existait pas encore à l'époque de ces événements, l'auteur développa une étude plus poussée sur Anduze et ses environs allant de 1788 à 1794. Il le fit cette fois sous la forme d'un document A4 dactylographié d'une quarantaine de pages.
Cet opuscule de plus de vingt cinq ans reste étonnant par ses informations et je suis persuadé qu'il intéressera bon nombre d'amateurs : avec l'accord de l'écrivain je mettrai bientôt et progressivement des extraits en ligne.
Alain Rouquette fait partie de ces hommes intelligents et discrets qui ont œuvré à leur manière et sans bruit, mais avec toute la détermination des passionnés, pour une meilleure connaissance historique et environnementale de leur contrée natale et chérie.

11 juillet 2015

Cratère Surfaces à Anduze : une première réussie !

Du 29 juin au 4 juillet 2015 s'est tenu le désormais célèbre Cratère Surfaces, festival des Arts Vivants, organisé par la scène nationale du Cratère Théâtre d'Alès. Sollicitée cette année pour la dix septième édition avec Alès, Brouzet-les-Alès, Seynes et Vézénobres, Anduze a répondu favorablement à la première participation de la commune à cette grande fête.

Mais avant d'en dire quelques mots je voudrais revenir sur la soirée inaugurale du 29 juin située au sommet du Mont Bouquet (près de Seynes et Brouzet-les-Alès) où fut présenté devant un public venu nombreux dans ce lieu magnifique – voué d'ordinaire aux seuls parapentistes – un spectacle assez extraordinaire de la compagnie Yoann Bourgeois. "Cavale" est le titre de cette stupéfiante prestation qui nous entraîna dans un monde où la pesanteur n'existe plus… où du moins est totalement contrôlée par deux artistes dont la merveilleuse maîtrise technique d'un trampoline masqué est mise en valeur par la sobriété extrême du décors. Ils sont " locataires " d'un escalier blanc dont nous ne saurons jamais vers quel univers improbable il conduit… Magique !

Pour Anduze ce fut la soirée du jeudi 2 juillet qui permit, entre 18h30 et 0h30, d'assister pour ceux qui le désiraient, et gratuitement, à cinq spectacles différents avec huit représentations en tout (certains furent proposés deux fois à des heures différentes). Dans plusieurs endroits, de la place Notre Dame au parc des Cordeliers, en passant par la rue des Ecoles Vieilles, la rue Peirollerie, la place de la République, la rue Grefeuille, le boulevard Jean Jaurès et la place du Grand Foiral, les artistes se sont succédés. Même la cour du collège Florian fut investie pour un solo de hip-hop de la compagnie Yann Lheureux, ceci grâce à la complicité du principal Didier Montagné dont nous savons tout l'intérêt qu'il porte à la culture.

Je tiens ici à citer, dans le désordre, toutes les autres compagnies qui nous ont fait l'honneur de participer à cette première anduzienne. D'ailleurs, pour l'une d'elles, ce fut aussi une première en France ! Venue de Hollande, il s'agit de Woest qui nous proposa deux fois la fameuse déambulation de la place Notre Dame à celle du Grand Foiral avec… quelques imprévus dans le parcours ! Ensuite la compagnie Scratch où cinq jeunes jongleurs belges plein de fantaisie et de "T.N.T." laisseront certainement quelques souvenirs particuliers à des personnes choisies au hasard parmi le public du parc des Cordeliers… Bravo à "Boris sur les planches" qui, en solo à la place de la République, sut captiver par son adresse, sa faconde et son humour, les nombreux spectateurs de ses deux représentations. Enfin, avec beaucoup de monde au parc et pour le final de cette longue soirée, nous avons eu droit à une formidable "Veillée", organisée par OPUS (Office des Phabricants d'Univers Singuliers), autour d'un feu et de la préparation d'une soupe à l'oignon que malheureusement nous ne goûterons jamais !

Le succès de cette première expérience à Anduze, nous le devons bien sûr d'abord aux qualités indéniables de tous ces artistes passionnés et de leur grande proximité, mais aussi à l'encadrement sans faille de l'équipe organisatrice du Cratère qui a démontré une fois de plus son professionnalisme, rassurant, dans tous les secteurs de cette manifestation hors normes.

5 juillet 2015

Le photographe Jean-Marc Godès : un poète espiègle…


Trois ans déjà que Jean-Marc Godès nous avait fait l'amitié de venir à notre invitation exposer ses œuvres photographiques sur des thèmes qui lui sont chers, le livre et les écrits. Nous avions découvert l'univers à la fois surréaliste et poétique d'un artiste à l'imagination féconde dont les clichés, dépourvus de tous montages informatiques, nous transportèrent pour un magnifique et atypique voyage hors du temps et de nos repères habituels.

Alors aujourd'hui c'est avec joie que nous l'accueillons pour une nouvelle escale de deux semaines dans notre cité avec la présentation de la suite de ses travaux.
Nous retrouvons la même créativité jubilatoire dans l'élaboration de ses images où l'être vivant, qu'il soit humain ou animal, tient une place prépondérante. Ces acteurs d'un jour sont des héros anonymes qui viennent renforcer le caractère souvent extravagant de situations soigneusement mises en scène.

Pour l'une d'elles, qui est sans doute la plus provocante de l'exposition, je remercie chaleureusement Jean-Marc de nous l'avoir proposée car particulièrement d'actualité. En effet, il est nécessaire de temps en temps de nous renvoyer à notre condition humaine première où nous sommes tous égaux, sans distinction de sexe, de race, de religion ou de niveau social. Une égalité quotidienne… du moins pour ceux qui sont en bonne santé : bref, la liberté mais surtout l'avantage pour chacun d'entre nous de pouvoir poser ses fesses sur une cuvette de w.c.…
Cette scène très forte, interprétée avec conviction par l'acteur fétiche du photographe, est d'une portée philosophique que l'on aurait tort de sous-estimer !

Plaisanterie mise à part, Jean-Marc Godès, tout en ayant acquis au fil des années la maturité nécessaire à son art, a su conserver, à l'image des plus jeunes qui animent un grand nombre de ses photographies, une âme d'enfant. Elle lui permet bien sûr d'exprimer avec talent toute la fantaisie de son école buissonnière à travers l'œil bienveillant de son objectif, mais aussi de nous transmettre une sensibilité et une fraîcheur émouvantes qui ne nous laissent pas indifférents.