C'est le passé et le présent qui se mélangent pour former la passionnante histoire culturelle de notre antique cité, tournée irrémédiablement vers l'avenir…
Ces "billets", pour amoureux d'Anduze, n'en sont que quelques modestes reflets.

23 septembre 2013

Michael Khohlaas, une histoire cévenole…

On a beau dire, on a beau faire, rien ne remplacera pour le cinéma la magie d'un grand écran pour plonger rapidement dans un autre univers ! Ce fut le cas samedi dernier, pendant un peu plus de deux heures, avec la projection du film d'Arnaud des Pallières, "Michael Kohlhaas", à Anduze.
Cette œuvre dramatique puissante – à laquelle le charisme de l'acteur principal Mads Mikkelsen n'est pas étranger – ne peut laisser indifférents ceux qui trouvent quelque intérêt à nos Cévennes et à son histoire. Non pas forcément pour son scénario, somme toute assez banal, mais bien par l'atmosphère générale dégagée par une mise en scène à la fois très réaliste et particulièrement esthétique. Plusieurs raisons à cela. D'abord, l'essentiel de l'action se situant en extérieur, l'utilisation bien sûr des décors naturels par Jeanne Lapoirie, l'opératrice du film. Elle nous propose ainsi des images somptueuses de nos chères contrées dont l'âpreté vient renforcer l'accent tragique de l'histoire. Le vent, très présent, vient troubler les silences étudiés de quelques scènes et participe à sa façon, en traversant cheveux et crinières, au caractère sauvage et à l'impression de solitude de ces grandes terres pierreuses et mouvementées.
Ensuite l'époque, car le réalisateur nous montre un seizième siècle cévenol loin des fastes de la Renaissance des bords de Loire et où misère et violence semblent encore beaucoup dépendre d'une certaine féodalité locale pervertie. La sobriété des costumes et accessoires, armes comprises, renforce la crédibilité de tous les personnages, des plus modestes aux seigneurs et princesse. Et bien entendu les chevaux ! Acteurs omniprésents puisqu'au centre de l'intrigue, ils adoucissent par leur grâce naturelle la rudesse des paysages et la brutalité des hommes.
Ce très beau film Français-Allemand, sorti en national au mois d'août, fut tourné entre autres lieux sous les fenêtres à meneau du château du Cheylard à Aujac, formidable édifice ayant notamment fait partie des possessions des seigneurs d'Anduze au Moyen-âge…

8 septembre 2013

Château de Tornac : une première étape archéologique…

Les prochaines Journées du Patrimoine d'Anduze seront sans conteste à marquer d'une pierre blanche… Une pierre du château de Tornac de préférence car notre vieux castellas sera bien le centre d'intérêt de la conférence, très attendue, de l'archéologue Sophie Aspord-Mercier. Mais revenons succinctement à l'origine des faits.
Lors des travaux de mise en sécurité du site, des éléments architecturaux inédits et intéressants (seuil de porte avec bases de colonnes et pavage de pierres important dans la cour castrale) ont été mis à jour. Ceci grâce à l'œil exercé de l'architecte mais aussi à l'esprit curieux de l'un des ouvriers du chantier qui prit l'initiative de " gratter un peu pour voir "  la zone concernée… Informée, la Direction Régionale des Affaires Culturelles dépêcha sur place ses représentants, car n'oublions pas que le château est inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. Reconnaissant tout l'intérêt de cette découverte, la DRAC décida donc de soutenir le projet de sondages archéologiques souhaité par le SIVU représentant les villes de Tornac et Anduze. De ce fait, suite à l'appel d'offres lancé, ce fut madame Sophie Aspord-Mercier, docteur en histoire de l'art et en archéologie médiévale, qui fut chargée de ce travail. Pour ceux qui s'intéressent – et ils sont nombreux – au patrimoine de notre région, ce nom ne leur est pas inconnu puisque nous le retrouvons régulièrement à travers la publication de recherches remarquables comme par exemple et parmi beaucoup d'autres celle du passionnant château d'Allègre ou encore celle du temple de Sainte Croix de Caderle.
L'archéologue, accompagnée d'une petite équipe, effectua différents sondages dans la cour castrale durant la première quinzaine de juillet. Elle nous propose samedi prochain un premier bilan de ses investigations complétées par une étude documentaire. Il ne s'agit pas avec cette intervention d'établir des conclusions définitives quant à l'histoire du château, mais bien de progresser dans sa connaissance en y ajoutant quelques pages nouvelles. Ecrites avec la compétence indiscutable d'une grande professionnelle, elles nous permettront peut-être d'avoir un autre regard sur la destination future de ce site magnifique.