C'est le passé et le présent qui se mélangent pour former la passionnante histoire culturelle de notre antique cité, tournée irrémédiablement vers l'avenir…
Ces "billets", pour amoureux d'Anduze, n'en sont que quelques modestes reflets.

25 mars 2013

Inédit à Anduze : le théâtre de mime

Le samedi 6 avril prochain sera l'occasion de mieux connaître ou de découvrir un genre artistique inédit sur notre commune : le théâtre de mime.
Venue en résidence au mois de septembre 2012 à Anduze pendant une semaine pour travailler à la salle Marcel Pagnol leur nouvelle création " T.I.N.A. (There Is No Alternative) ", la compagnie Troisième Génération nous propose sa première représentation dans le Gard. Français, Italien, Espagnol et Catalan, l'équipe artistique est formée par six jeunes talents rompus à l'art gestuel. Partant de la célèbre phrase de Margaret Tatcher " There is no alternative ", les artistes nous invitent à réfléchir sur un sujet politique récurrent : " La décadence du pouvoir d'une part et l'inertie du peuple sur laquelle s'étend cette décadence, d'autre part ". L'interprétation de l'inertie par des mimes aurait pu paraître comme une gageure ! Eh bien non ! La mise en scène dynamique est servie par un beau travail physique de l'ensemble des comédiens, teinté d'un humour omniprésent, créant ainsi une certaine distance avec un sujet devenu par ce fait… plus accessible ! Le port d'un masque, identique pour tous les comédiens, s'il uniformise leurs personnages il en optimise aussi un véritable langage du corps, propre au Mime Moderne…
L'année dernière, à la fin de leur séjour, j'avais exprimé à la compagnie, au nom de la commission culturelle, notre souhait de la voir revenir dans notre cité en 2013 pour jouer le résultat de son travail : elle a accepté avec simplicité et enthousiasme. Nous sommes d'autant plus fiers de les recevoir en avril qu'entre-temps Troisième Génération a reçu en janvier 2013, à Paris, le premier prix du plateau du Groupe Geste(s), subventionné par la Direction Générale de la Création Artistique du Ministère de la Culture et de la Communication, avec ce spectacle ! Il faut savoir quand même que cette récompense a été décernée à l'unanimité des dix directrices et directeurs de structures de diffusion culturelle qui composent ce groupe. La présence de cette jeune compagnie, à la qualité de travail reconnue et à l'avenir prometteur, aura donc une résonance culturelle particulière et exceptionnelle à Anduze.

12 mars 2013

Meilleurs souvenirs d'Anduze !…

Faisant suite au précédent billet, je vais vous parler maintenant d’un tout autre genre d’ouvrage qui m’a particulièrement touché : « Quand les souvenirs s’invitent… » d’Albert Grosselin et ses complices. Effectivement accompagné dans l’écriture par une demi-douzaine d’amis de longue date, l’auteur nous propose un retour, de l’après guerre aux années soixante du siècle dernier, sur la vie quotidienne à Anduze.
Aujourd’hui nul besoin d’être un Anduzien de souche pour apprécier la bonne cinquantaine d’anecdotes de ce livre où chacun pourra reconnaître un personnage, une situation, une rue, une odeur… Je fus ainsi ému en lisant « L’ascension du rocher de Peyremale », de Marie-Carmen Saenz-Vesse, qui me rappela ma propre expérience sur sa pente abrupte côté gardon, il y a quarante ans ! Autre plaisir avec « Notre Gaumont-Palace » qui évoque celui qui fut durant de très longues années une célèbre figure d’Anduze, Germain Restouble. Mais parmi tous les témoignages, souvent drôles quand ils ne sont pas émouvants, c’est sans aucun doute celui de Yolande Roussel qui m’a le plus marqué avec « Mon premier emploi ». Ce texte court mais précis, racontant l’entrée dans la vie active de l’auteure en 1947 à l’âge de quatorze ans, est un véritable document sur l'atmosphère de travail d’une filature de soie, en l’occurrence ici celle qui était située rue Beauregard. Aucune amertume chez madame Roussel malgré ce premier travail pénible dont elle ne retient avec le recul du temps que l'aspect le plus positif : en être sortie plus aguerrie pour mieux apprécier les emplois qui suivront…
Amoureux d'Anduze courez, l'édition est limitée ! Et ensuite dégustez chacun des souvenirs de ce recueil, vécu à travers le regard de l’enfance, comme une friandise…

2 mars 2013

La bonne nouvelle de Michel Caron…

En ce début d’année plusieurs ouvrages évoquant notre cité, directement ou indirectement, sont parus sous les plumes d’auteurs locaux. Cela démontre bien une fois de plus, et aujourd’hui dans le domaine littéraire, qu’Anduze abrite une diversité culturelle et dynamique où professionnels et amateurs peuvent se partager avec un égal bonheur le plaisir d’entreprendre et montrer ainsi en même temps tout l’intérêt qu’ils ont pour leur Porte des Cévennes…
 
Caramba ! Aujourd'hui je vais d’abord avec ce billet féliciter le narrateur mexicain du livre intitulé «  Qu’est l’Espingouin devenu ?  ». Venant compléter une première version plus courte, écrite il y a quelques années, tout l’attrait de cette importante nouvelle réside à mon sens aux portraits savoureux et fouillés des personnages centraux de l’histoire. Mais la première performance de l’auteur est bien d’avoir réussi à établir un lien cohérent entre tous ces acteurs, aux profils si différents, pour construire ce texte ! La géographie des diverses situations n’est pas anodine et si le nom d’Anduze n’apparaît jamais c’est que cela participe du mystère entretenu au fil des pages… ou peut-être bien aussi de l’esprit taquin de l’écrivain, allez savoir ! S’il est vrai que quelques fois les nombreux renvois sont assez longs pour être susceptibles de vous faire perdre le fil conducteur du récit, ils contribuent aussi de façon pertinente à mieux bâtir et préciser l’environnement, sinon le décor, de chaque intervenant. De la blonde fille à papa au cynique et prétentieux Jean-Paul, en passant par de tout aussi intéressants seconds rôles, la galerie est plutôt piquante ! Mais j’avoue que mon préféré reste quand même ce sacré Robert et sa façon de s'exprimer délectable. Au diable l’Espingouin, pour moi le vrai héros de cette affaire c’est lui !
A propos d’affaire, celle-ci mériterait bien d’être à suivre : monsieur Michel Caron, à quand une adaptation pour le théâtre ou le cinéma ? Car, tout à fait entre nous, cette nouvelle ressemble bougrement à une première étape de sa préparation !…