C'est le passé et le présent qui se mélangent pour former la passionnante histoire culturelle de notre antique cité, tournée irrémédiablement vers l'avenir…
Ces "billets", pour amoureux d'Anduze, n'en sont que quelques modestes reflets.

30 octobre 2012

Un nouveau patrimoine artistique pour Anduze

Sans titre (huile sur toile)
Place Notre Dame à Anduze (huile sur toile)
Ce mois d'octobre 2012 est à marquer d'une pierre blanche dans le domaine culturel de la ville, puisque celle-ci a pris possession d'un ensemble d'œuvres artistiques de qualité dans le cadre officiel d'une succession. En effet, après avoir pris connaissance par l'intermédiaire de l'étude de maître Guérin, notaire à Puy-l'Evêque, d'une notification stipulant que la municipalité d'Anduze était légataire d'un certain nombre de tableaux selon la volonté de feu madame Louise Dulac, le maire partit pour cette petite ville du Lot, non loin de Cahors, récupérer cet héritage mystérieux et… inattendu !
Trente quatre huiles sur toiles de différents formats et montées sur châssis encadrés furent ramenées, accompagnées de deux cartons à dessins. Aucune lettre ou document n'étant joint, l'officier ministériel responsable de cette opération ne donna pas d'explications susceptibles de nous éclairer sur les raisons de ce legs. Une fois à Anduze et après un examen un peu plus attentionné de cette production, nous avons constaté, d'après les signatures, que l'artiste n'était pas Louise, comme on aurait pu le supposer, mais Guillaume Dulac ; que celui-ci connaissait bien notre cité car l'une de ses œuvres représente sans conteste une vue ancienne de la place Notre Dame, au temps où un énorme platane jouxtait encore la belle fontaine…
Grâce au fait que ce peintre de talent qui était sans doute professionnel soit encore référencé et côté, donc qu'il intéresse les collectionneurs, un minimum de renseignements sur sa personne apparaît "sur la toile" d'Internet. On apprend ainsi qu'il est né en 1883 à Fumel, petit village à une vingtaine de kilomètres de Puy-l'Evêque mais cette fois dans le département du Lot-et-Garonne, et qu'il est décédé en 1929 à Paris. Ces dates sont intéressantes car on peut penser que Guillaume était le père de Louise, elle-même et sa mère peut-être artistes aussi à leurs heures puisque le plus petit des cartons à dessins est consacré à une série de croquis et petits dessins académiques ainsi que des plâtres d'atelier dont certains sont datés de 1947. Le plus grand des cartons, format raisin, renferme quelques sérieuses études académiques au fusain de Guillaume (des nus hommes et femmes) datées des années 1900, et des huiles sur toiles sans châssis, moins abouties que les autres à part la représentation d'un vieil homme nu en pied de belle facture. Malgré sa mort prématurée, cet artiste a traversé une période de l'histoire de l'art brillante avec le post-impressionnisme et peut-être a t-il eu le privilège de croiser des peintres comme Cézanne, Matisse, Bonnard et quelques autres…
En attendant de présenter un jour aux anduziens cette intéressante collection picturale, les recherches vont se poursuivre pour une meilleure connaissance de ce nouveau patrimoine contemporain d'Anduze, notamment avec le musée des Beaux-Arts d'Anger où Guillaume Dulac serait présent à travers l'exposition de plusieurs de ses tableaux. Affaire à suivre !…

15 octobre 2012

Cordelier : un "mot clé" de l'histoire d'Anduze… suite

Les Vieilles Ecoles (photo Françoise Iglesias)
L' " enclos ", dont nous ignorons l'aspect d'avant ses premiers réaménagements de la fin du XIX ème siècle, fut vendu avec ses bâtiments comme bien national à la Révolution. Ce n'est qu'à partir de 1876 que la municipalité s'intéressa, durant le mandat de Henri Mazade, à cet ensemble pour diverses raisons :
"…Monsieur le maire intervenant, informe le Conseil qu'il sait de bonne part que le propriétaire de l'Enclos des Cordeliers se déciderait à le vendre par préférence à la commune si l'on pouvait se mettre d'accord sur le prix de cet immeuble dans lequel la commune trouverait place pour tout ce qui peut l'intéresser, savoir : Des locaux pour ses écoles ; Un emplacement spacieux pour ses marchés aux bestiaux — il s'agit ici certainement de l'actuelle place du Grand Foiral — ; Une promenade publique et une certaine quantité d'eau pouvant s'adjoindre facilement à celle de nos fontaines toujours insuffisantes en été, qui viendrait les faire déverser comme autrefois et porter ainsi la fraîcheur et la salubrité dans tous les quartiers de la ville…"
En fait, à l'époque, la plus importante des raisons était bien celle des locaux, la commune cherchant à regrouper ses différentes écoles en un seul lieu qui devait être absolument une propriété communale, selon la loi. L'ancien couvent des Cordeliers, vaste demeure du XVIII ème siècle encore en très bon état, correspondait parfaitement à ses projets ; d'autant plus, autre argument du premier magistrat, qu'il pouvait abriter aussi le logement des institutrices et instituteurs… Mais les tractations d'achat ne furent pas simples, un certain monsieur André, propriétaire des lieux, demandant plus du double de l'estimation (92480 francs) de l'expert géomètre mandaté par la mairie ! Un accord fut finalement trouvé pour la somme de 100 000 Francs et entre les demandes de subventions et celle d'emprunt à la Caisse des Ecoles, l'affaire fut validée lors d'une séance du Conseil municipal en mars 1879, pour être concrétisée en 1880.
Non entretenu sérieusement pendant des décennies, ce témoin patrimonial de la mémoire anduzienne appelé familièrement " les Vieilles Ecoles " a fini par être démoli assez récemment, en 1999. Espérons que ce qui reste de " l'enclos des Cordeliers ", tout en ayant gagné ses lettres de noblesse avec les années en devenant le magnifique " parc des Cordeliers " que nous connaissons, a vu l'hémorragie de sa superficie stoppée définitivement pour le plus grand bénéfice de la ville d'Anduze et ses habitants.