C'est le passé et le présent qui se mélangent pour former la passionnante histoire culturelle de notre antique cité, tournée irrémédiablement vers l'avenir…
Ces "billets", pour amoureux d'Anduze, n'en sont que quelques modestes reflets.

31 août 2012

La reine Blanche : de la légende à la réalité ?…

Quelle belle histoire que celle qui évoque la présence prolongée de Blanche de Castille, l'une de nos plus grandes reines de France et mère de Saint Louis, dans nos contrées avec en prime une tendre relation avec le puissant seigneur de la Maison d'Anduze-Sauve, alors à son apogée, Pierre Bermond VII.
C'est Léonce Destremx de Saint-Christol qui, sans aucun doute, exploita le mieux cette légende en écrivant un roman de plus de trois cents pages en 1888 : " Le château de la reyne Blanche ". Cet ancien député de l'Ardèche, né en 1820 à Saint-Christol-lez-Alès où il décéda aussi en 1901, situe l'action de son livre en 1226. Sans entrer dans les détails d'une période de notre Histoire très troublée, cette année là le roi de France Louis VIII décidera d'organiser une seconde croisade contre les Cathares, prétexte en fait pour envahir les terres du comte de Toulouse et conquérir le Languedoc… Descendu dans le Midi avec sa grande armée par la vallée du Rhône et Avignon lui fermant ses portes, le souverain fera le siège de la ville pendant plusieurs mois. C'est à partir de cette vérité historique incontestée que l'auteur va imaginer une suite "locale" en reprenant à son compte, en l'étoffant, ce qui ne peut être qu'une légende puisque invérifiable par l'inexistence de documents et autres archives sur le sujet : Pierre Bermond VII, venant pendant le siège d'Avignon rencontrer le roi pour lui rendre un hommage-lige, fait la connaissance de la reine Blanche. Celle-ci, séduite par ce beau jeune homme de vingt trois ans mais aussi par calcul politique, propose à Louis VIII de profiter de l'escorte du seigneur pour aller se reposer quelques temps à Sauve… Pour revenir un instant dans la réalité historique, il faut savoir quand même qu'en 1226 Blanche a trente huit ans et donnera naissance à Charles, son douzième et dernier enfant. De plus rien ne permet d'affirmer qu'elle accompagna le roi dans le Sud, surtout dans un contexte de guerre…
Mais le plus surprenant est de retrouver, quelques dizaines d'années plus tard, certains éléments de cette " fiction " de Destremx dans le chapitre dédié à Pierre Bermond VII de la célèbre monographie de Sauve publiée en 1952 par Jean Germain : " Sauve antique et curieuse cité ". Même s'il écrivit que "il ne subsiste aucun document connu de ce long séjour de Blanche dans le terroir de Sauve ", l'écrivain n'hésita pas un instant à transformer la légende en un véritable épisode de l'histoire de Sauve ! Pour se justifier il ajouta aussi dans son livre : " Car la tradition est trop forte pour ne pas être vraie, soigneusement transmise de génération en génération pendant cinq cents ans et qui subsiste toujours, de la présence de Blanche de Castille à Sauve et dans ses environs. " 
Fallait-il être un fervent Sauvain pour prendre le risque d'être enlevé de toute sa crédibilité d'historien ! Mais, heureusement, André Chamson lui apporta une jolie caution en préfaçant avec sagesse son ouvrage de la sorte : " (…) Pour moi, j'ai lu ce livre avec l'âme enchantée de l'adolescence. (…) Qui ne se laisserait prendre à la tentation de refaire l'Histoire autrement qu'elle n'a été, en rêvant sur le destin des Bermond ? ". C'est tellement vrai !
Et puis, qui sait, peut-être retrouverons-nous un jour la magnifique bague perdue par la reine au cours d'une chasse, du côté de Durfort… Mais si, vous savez, la fameuse légende…

16 août 2012

L'art photographique original de Jean-Marc Godès

"L'homme pressé"
Qu’il est bon de temps en temps d’ouvrir son dictionnaire pour vérifier le sens d’un mot et sa définition, histoire d’éviter de galvauder sa véritable signification. Je le fis pour « surréalisme » et l’information que me livra mon recueil des mots préféré colla parfaitement à l’œuvre présentée par Jean-Marc Godès : « Mouvement littéraire et artistique qui se dresse contre toutes formes d’ordre et de conventions logiques, morales, sociales, et qui leur oppose les valeurs du rêve, de l’instinct, du désir et de la révolte…».
La démarche artistique de ce photographe correspond, à mon sens, à ce profil. L’hommage rendu aux livres par les images n’est-il pas, après tout, un juste retour des choses ? Les ouvrages, dans leur grande diversité, ne sont-il pas eux même de formidables générateurs d’images réelles ou naturellement imaginées par leurs lecteurs ?… Grâce à son imagination et à ses qualités de plasticien Jean-Marc Godès réussit à construire, à travers l’histoire éphémère mais très élaborée de chaque vue, l’univers particulier et attachant de son « histoire imaginaire des livres et de l’écrit ».
Dépourvus de tous montages informatique, les clichés numériques que nous propose cet artiste sont de véritables mises en scène originales dont l’anonymat de leurs acteurs d’un jour, qu’ils soient humains ou animaliers, participe à l’émotion dégagée par les magnifiques images.
Même si parmi celles-ci certaines sont teintées d’un humour provocateur, c’est pour mieux nous faire apprécier la sensibilité poétique des autres : Jean-Marc Godès sait cultiver et utiliser le paradoxe à bon escient, pour notre plus grand plaisir visuel. Mais laissons-le conclure avec cette jolie phrase : "Au carrefour de l'art contemporain, de la littérature et de la poésie, mes constructions numériques sont un hommage rendu à la musique du temps et aux couleurs de la vie." Eh bien, monsieur Godès, aucune fausse note ne vient perturber la partition de votre art et nous serons toujours impatients d'en connaître les nouvelles gammes !…

7 août 2012

"Anduze fantastique" : quelques lignes d'un vieil ami…

" Morbleu ! Aujourd'hui septième jour d'août il ne vous reste que tout juste un mois, écrivains aux plumes enchantées, pour faire crisser celles-ci sur vos parchemins et nous conter en quelques mots bien choisis vos histoires inédites et… fantastiques !
Le temps passe vite, n'est-ce pas ? Je devine vos mines blafardes malgré la présence d'un soleil de plomb, car sans doute avez-vous été trop longtemps exposés aux rayons lunaires des nuits magiques cévenoles… Vos yeux sont cernés de les avoir trop écarquillé devant les spectacles féeriques ou les visions maléfiques rendus enfin visibles par votre imaginaire libéré.
Oh je sais ! Plusieurs d'entre vous ont déjà eu leurs entrées dans ces univers parallèles, des laissez-passer accordés en récompenses pour la haute fréquence de leurs voyages et des amitiés inavouables nouées avec les lutins, farfadets ou gnomes ! Mais que les autres candidats se rassurent, même les plus humbles, car chacun d'entre vous possède sa propre clef pour ouvrir la porte de ces mondes différents. Fréquemment perdue depuis longtemps, il suffit souvent de remonter simplement les méandres de sa mémoire d'enfant pour la retrouver.
Seulement attention, une fois de retour de ces proches ou lointains lieux merveilleux, quelques-uns insoupçonnés et habités par des êtres extraordinaires mais aussi par des créatures abominables, n'oubliez pas d'en refermer soigneusement les battants secrets …à double tours ! Eh oui, malheureusement, vous et moi savons bien que depuis des temps immémoriaux jusqu'à aujourd'hui l'Humanité paye très cher le manque de vigilance de certains en laissant la possibilité à des monstres nombreux et variés de pouvoir envahir votre espace…
A propos d'espace, un dernier mot avant de regagner le mien : ce n'est pas un hasard si la grande sagesse du jury de ce concours a permis le choix du 7 comme date butoir de remise des précieux textes le mois prochain ; le caractère magique bien connu de ce nombre protégera ses membres de toutes tentatives de sortilèges et autres charmes. Vous savez que l'on est jamais assez prudent en ce domaine ! "
Le Diable boiteux