C'est le passé et le présent qui se mélangent pour former la passionnante histoire culturelle de notre antique cité, tournée irrémédiablement vers l'avenir…
Ces "billets", pour amoureux d'Anduze, n'en sont que quelques modestes reflets.

29 mai 2011

A Anduze le septième art s'affiche…

Quelle collection ! De Spartacus ou La grande évasion, en passant par La mort aux trousses d'Alfred Hitchcock, sans parler de Rocco et ses frères ou de la Merveilleuse Angélique, c'est plus de 330 grandes affiches originales du cinéma international qui sont rassemblées pour le fond cinématographique du futur Conservatoire Historique d'Anduze. 
Si la majorité des films représentés date des années 1950 à celles de 1960, le plus ancien répertorié est de 1936 avec Le roman de Margueritte Gautier du grand Georges Cukor avec Robert Taylor et la mythique… Greta Garbo ! Côté français c'est le film Les nouveaux riches d'André Berthomien, réalisé en 1938 avec Raimu et Michel Simon, qui tient la palme de l'ancienneté.
Le plus émouvant est de savoir que tous ces grands tirages ont, en leur temps, orné le mur extérieur de la salle de projection anduzienne d'un fou de cinéma, Germain Restouble. Figure d'Anduze pendant plusieurs décennies et disparue il y a quelques années à plus de 90 ans, je reparlerai un jour plus longuement de cette personnalité atypique de la rue Neuve. Dans un premier temps, sortie des combles de la mairie, il fallait absolument trier, répertorier, photographier et enregistrer cette collection pour éviter qu'elle ne "se perde"… C'est chose faîte récemment grâce à la collaboration de Sandrine et Chantal, de la médiathèque. Dès que nous aurons trouvé une solution satisfaisante pour garantir l'exposition sans risque de cette production qui reste fragile, d'une grande valeur documentaire, celle-ci sera bien sûr proposée au regard du public. Tenez, en terminant un dernier exemple d'affiche présente dans ce que l'on peut vraiment appeler un ensemble "collector" : Un américain à Paris, de Vincente Minnelli avec Gene Kelly et Leslie Caron (1951)…

24 mai 2011

De Chabrol à Giono : A vous de lire !

Pour la deuxième année consécutive le livre est à l'honneur avec la manifestation nationale "A vous de lire !". Cette année le thème central est "la correspondance".
Au cours de cette semaine littéraire, la médiathèque en profite pour rendre hommage à Jean-Pierre Chabrol à travers une petite exposition qui lui est consacrée au sein des locaux, visible aux heures d'ouverture. L'évocation de cet écrivain cévenol trouvera son point d'orgue le vendredi 27 mai à 18h30 avec la venue d'Anne Clément dans le cadre intime et convivial de la médiathèque, pour un spectacle gratuit du Pôle Culturel Intercommunal. Issue de la compagnie Gargamela Théâtre, cette artiste nous "dira Chabrol" et nous "chantera Aragon".
Le lendemain, samedi 28 mai, les comédiens de l'Atelier Théâtre d'Anduze nous donnent rendez-vous au parc des Cordeliers, accompagnés d'un accordéoniste, pour une "lecture-promenade" dans ses belles allées. Raymonde et Michel Caron, ayant choisi Jean Giono comme fil conducteur de leur projet, nous présentent cette jolie initiative de cette façon :
« …si je vous écris, c’est que c’est raisonnable. J’ai à vous dire des choses très importantes, alors j’aime mieux que ce soit par écrit, n’est-ce pas ?... Cette lettre que je vous écris, je vous l’envoie, mais, puisqu’elle est écrite, je vais pouvoir en même temps l’envoyer aux autres. » (J. Giono, 6 juillet 1938). En introduisant ainsi sa « Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix », Jean Giono définit une des nombreuses fonctions de la correspondance : réfléchir ensemble et avec familiarité sur ce qu’il définit comme « des choses très importantes ». A partir de cette constatation nous avons conçu un projet de lecture-promenade qui, prenant son origine dans la lecture de quelques extraits de la lettre de Giono, permettra, de lieu en lieu, d’aller à la rencontre de textes d’auteurs d’aujourd’hui dont les propos font échos à des thèmes développés dans la lettre. 
Deux départs pour cette promenade originale : 15h et 16h30, devant la salle des Cordeliers.

17 mai 2011

Sarah Lavaud pour la première fois à Anduze

Si nous avons l'honneur et le grand plaisir de recevoir pour la première fois à Anduze la jeune et talentueuse pianiste Sarah Lavaud, c'est grâce à la complicité indirecte de notre directeur de l'école de musique intercommunale, Jean-Philippe Delrieu. En effet, à son invitation, je me suis rendu au concert donné par la Chorale Jean-Sébastien Bach d'Alès, fin mai 2010, où il officiait à l'harmonium, accompagné par Sarah au piano. Mais ici je vais laisser la parole à Jean-Claude Pennetier, célèbre pianiste de classe internationale, qui préface la biographie officielle de notre musicienne de cette façon : "Sarah Lavaud fait partie de ces interprètes qui ressentent l'interprétation de chaque phrase, de chaque idée musicale comme un enjeu vital. Cette tension vers ce que Debussy appelait "la chair nue de l'émotion" s'exprime dans un jeu qui pourrait être presque ascétique s'il n'était en même temps brûlant, creusé par la passion".
Ce commentaire, découvert par la suite, exprime parfaitement le profil émotionnel que j'ai ressenti lors de cette soirée, en dehors bien sûr du talent affirmé des autres participants. Je ne vais pas ici citer tous les articles élogieux et énumérer la liste des nombreux prix déjà obtenus au cours de sa jeune carrière, il suffit d'aller sur son site pour se rendre compte très vite à quelle artiste d'exception nous avons à faire. Pourtant c'est avec gentillesse et simplicité que Sarah Lavaud a accepté l'invitation de la municipalité à venir nous interpréter, en soliste et pour une soirée unique, un programme d'œuvres de compositeurs de son choix. Un magnifique moment en perspective !…

16 mai 2011

Une bourse numismatique avec de jolies surprises !

Au mois de novembre dernier, lors de la conférence sur la monnaie des seigneurs d'Anduze, nous avons fait la connaissance de son intervenant en la personne de Laurent Schmitt, venu de Paris nous parler du Bernardin et plus généralement de la monnaie du Languedoc au Moyen-âge. Nous avons tous été très impressionnés par sa grande connaissance du sujet, développé avec clarté et convivialité.
Cette année, le plaisir fut double car pour ce deuxième rendez-vous monsieur Schmitt était accompagné d'un autre passionné pour aborder le thème du monnayage Huguenot. Il s'agit de Daniel Travier, chercheur, écrivain et spécialiste – incontournable et bien connu – du pays des Cévennes et de ses traditions. Celui-ci, conservateur aussi du Musée des Vallées Cévenoles à Saint Jean du Gard, dressa un état des lieux historique pour expliquer le contexte de la production de ces monnaies au XVIIème siècle.
Laurent prit la parole ensuite pour décrire de façon plus technique les pièces frappées par les différents ateliers monétaires, de La Rochelle à Montauban en passant par Montpellier et Nîmes. D'ailleurs à ce propos, monsieur Travier rappela qu'à ce jour, si aucune preuve tangible ne vient confirmer de façon formelle la présence d'un atelier à Anduze, son absence catégorique est aussi exclue…
Belle soirée donc, avec ces deux personnalités complémentaires qui ont proposé à un public attentif, à travers l'évocation de ces monnaies "illicites", un éclairage inédit sur une époque particulièrement troublée de notre histoire.
Cet exposé ayant eu lieu dans le cadre du weekend de la deuxième bourse nationale numismatique d'Anduze, une heureuse surprise attendait le maire, Bonifacio Iglesias, le dimanche, où le président de l'association du Club Numismatique Cévenol, Philippe Molines, pour remercier la Ville d'Anduze de son soutien et partenariat à cette manifestation annuelle, lui remit un magnifique Bernardin original (un exemplaire à croix ancrée) qui aura toute sa place au sein du futur Conservatoire Historique d'Anduze, en projet.

9 mai 2011

Le parc des Cordeliers : un bel écrin du souvenir

A l'occasion de la commémoration de la Victoire du 8 mai 1945, la municipalité a décidé de profiter de cette cérémonie pour honorer, à son issue, deux hommes au destin hors du commun. Il s'agit d'abord du poète et écrivain Henri Barbusse, né le 17 mai 1873 et mort le 30 août 1935. Sa famille est originaire du hameau "Les Barbusse" à Tornac. Prix Goncourt en 1916 avec son roman "Le Feu", il fonde en 1917, avec entre autres Paul-Vaillant Couturier, l'ARAC dont le principal objectif est de "promouvoir les idéaux républicains de liberté, d'égalité et de fraternité et lutter contre le colonialisme et le fascisme".
Le deuxième est Marcel Bonnafoux dit "Marceau". Né à Anduze le 29 mars 1910, ce héros de la Résistance rejoint celle-ci en 1942. Repéré par la police allemande, il quitte son atelier de décoration qu'il possède à Nîmes et gagne le maquis de Lasalle. Il trouva la mort le 10 août 1944, lors d'une opération au Vigan. Deux allées de notre beau parc des Cordeliers portent maintenant le nom de ces deux fortes personnalités …pour ne pas oublier.

En haut à droite Henri Barbusse, ci-contre Marceau

4 mai 2011

La cave médiévale des "Hauts d'Anduze"


Dans un article du Midi Libre du 8 mars 2011, Jean-Luc Eymery, amateur d'histoire locale alésien, attirait notre attention sur une cave que lui fit visiter la nouvelle propriétaire de l'immeuble l'abritant, elle-même consciente de l'intérêt que pourrait susciter sa découverte. Cela éveilla notre curiosité légitime, comme tout ce qui pourrait être en relation étroite avec l'histoire et le patrimoine anduziens.
Pierre-Albert Clément, historien et écrivain connaissant bien notre territoire, se montra très intéressé par la configuration de cet espace en sous-sol dont l'architecture médiévale, maçonnée avec des pierres soigneusement taillées et appareillées, signale l'importance que donnaient à ce lieu ses premiers propriétaires. Alerté par notre ami, le service archéologique de la Direction Régionale des Affaires Culturelles dépêcha sur place, avec l'accord bienveillant de la maîtresse des lieux (personne dont nous remerçions vivement la gentillesse et la disponibilité), un de ses agents. D'après les conclusions rendues par le conservateur régional de l'archéologie, nous sommes bien en présence de vestiges du Moyen-âge datés entre le XIIIème et le XIVème siècle. Il est précisé aussi que cette cave était destinée à recevoir des tonneaux et faisait certainement partie, en sous-sol, d'un bâtiment important qui reste à déterminer…
Il est vrai que sa situation géographique, près de la place de la République (ancien cimetière millénaire), fait qu'elle se trouve sans aucun doute dans l'une des parties les plus anciennes du village primitif ; à proximité aussi du premier château, disparu  aujourd'hui, des seigneurs d'Anduze et dont nous ignorons encore à ce jour le périmètre d'origine :  tout cela donne un éclat particulier à cette affaire passionnante…à suivre !